A l’heure où l’idéologie antispéciste réclame la fin de l’élevage dans le monde, un chiffre permet de prendre du recul et comprendre la dépendance vitale des hommes vis-à-vis des animaux : « 1 milliard de pauvres dépendent de l’élevage pour se nourrir et gagner leur vie ». Ce chiffre provient de la FAO1, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture.

 

Les animaux nécessaires pour survivre dans les pays du Sud

Ce chiffre est frappant puisqu’il nous confronte à la réalité et la nécessité du lien fondamental qui unit les hommes aux animaux non pas uniquement à travers le prisme de notre nombril occidental mais bien à l’échelle mondiale.

L’INRA2 précise en ce sens que :

    • 70% des animaux d’élevage sont présents hors des pays industrialisés.
    • La moitié des cultures vivrières des pays en voie de développement utilise des animaux de trait.

Dans ces pays, le poids économique et social de l’élevage est particulièrement fort, sans doute davantage que dans les pays industrialisés. Le tracteur qui nous est si familier n’est qu’un mirage dans énormément de pays. Là-bas, ce sont les animaux qui effectuent le travail ingrat mais nécessaire de labourer les terres pour pouvoir cultiver des végétaux.

Parfois, la viande constitue la seule et unique nourriture disponible : c’est le cas par exemple des inuits qui bravent le froid grâce à la chasse et la pêche.

Sylvie Brunel, professeur de géographie à la Sorbonne qui a travaillé pendant dix-ans dans des ONG comme Médecins sans frontières et Action contre la faim, a constaté que « pour beaucoup de ces peuples […], le troupeau tient lieu de coffre-fort. Posséder des bêtes signifie accumuler un capital vivant là où les banques ne sont pas sûres ou ne s’intéressent pas à eux, et où l’épargne est difficile »3.

Même son de cloche du côté de la FAO, qui dans un rapport sur la contribution de l’élevage à la sécurité alimentaire, précise que

« l’élevage préserve et renforce le capital humain en payant les factures médicales et l’éducation ». « Le bétail peut également constituer un capital social pour aider une famille en crise »

Demander à ce milliard de personne de se priver des animaux, de leur force de traction, de leur viande, de leur valeur économique, n’a aucun sens. Comme le rappelle le politologue Paul Ariès, abolir l’élevage « signifierait la disparition de la paysannerie de montagne et d’autres zones arides où l’élevage permet aux populations de survivre ou de se maintenir »4.

 

Quid de la pêche et de l’aquaculture ?

Selon les statistiques de la FAO, 40,3 millions de personnes vivent de la pêche et 19,3 millions de personnes de l’aquaculture. La FAO insiste en outre sur « l’importance du poisson et des nombreux produits de la pêche pour :

  • La sécurité alimentaire et la nutrition.
  • La croissance économique, grâce à la production et au commerce du poisson.
  • La lutte contre la pauvreté et la création d’emplois dans les zones rurales. »5

 

A l’échelle nationale : l’élevage essentiel pour le dynamisme des territoires

En France, le rôle économique et social de l’élevage est également primordial. Il contribue à faire vivre 882 000 personnes qui exercent un emploi dépendant de l’élevage. Pour 415 000 d’entre eux, il s’agit d’emplois directs, le reste étant des emplois indirects. De nombreuses activités gravitent en effet autour de l’élevage (production de semences, des aliments du bétail, d’engrais, des outils de travail, activités de transformation alimentaire et de vente…). Tous ces emplois participent au maintien d’une économie locale et préservent le tissu social en milieu rural.

Sans élevage, nos territoires ruraux s’éteindraient encore un peu plus. Ils ont déjà été frappés de plein fouet par l’exode rural de l’après-guerre qui a dépeuplé nos campagnes (80% des français vivent actuellement en ville). Rappelons en ce sens que la population active travaillant dans le secteur agricole a dégringolé de 31 % à 4 % entre 1955 et 20106.

Côté mer, les activités de pêche et d’aquaculture permettent de faire vivre 139 000 français (39 000 emplois directs et 100 000 emplois indirects)7. Ces emplois liés à aux animaux marins dynamisent notre littoral y compris en outre-mer. Elles sont particulièrement ancrées dans leur territoire avec un rôle primordial pour l’économie et la vie sociale des ports français.

Souhaitons-nous définitivement tirer un trait sur la vitalité de nos territoires ruraux et littoraux ou préférons-nous les revitaliser ?


1 Food and Agriculture Organization
2 Institut National de la Recherche Agronomique
3 Plaidoyer pour nos agriculteurs, Sylvie Brunel, éditions Buchet Chastel, p. 92
4 Lettre ouverte aux mangeurs de viandes qui souhaitent le rester sans culpabiliser, Paul Ariès, éditions Larousse, p.60
5 http://www.fao.org/fisheries/fr/
6 http://www.inra.fr/Grand-public/Economie-et-societe/Toutes-les-actualites/Emplois-lies-a-l-elevage
7 https://agriculture.gouv.fr/la-peche-et-laquaculture-des-secteurs-economiquement-tres-ancres-dans-leurs-territoires

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